Quelle est l'utilité d'une MLC, une Monnaie Locale Complémentaire ?

Pour les prestataires

Les prestataires peuvent être des commerces, des associations, des producteurs, des professions libérales. Ils acceptent que leurs prestations (biens, services, cotisations, …) soient payés en MLC. Ce sont les seuls qui peuvent reconvertir leur MLC en euros.

En acceptant une MLC, ils donner un surcroît de sens à leur activité professionnelle. Il n'existe pas que le seul intérêt économique d’une MLC (intégrer un réseau fidélisé et captif) aux dépens de toute la dimension éthique du projet. Les prestataires qui intègrent le réseau ont davantage un « métier » qu’un « travail » et ils entendent en participant à la MLC non pas d’abord en « profiter » par intérêt pécuniaire mais d’abord y gagner une satisfaction « sociale ». Une MLC n’a pas pour but d’augmenter le pouvoir d’achat mais de « redonner du pouvoir à l’achat ».

Intégrer un réseau labellisé éthique, c'est aujourd'hui une réalité. Et il ne s’agit pas non plus de créer un « entre soi » des prestataires, ceux qui seraient les « bons  » et les autres. C’est pour éviter un tel clivage que les critères d’acceptabilité des prestataires ont été élaborés. Car il n’y a pas un seul critère mis en avant mais quatre : relocalisation, écologie, social, humain.

Pour les consommateurs

En réorientant sa consommation vers un réseau labellisé éthique en utilisant une MLC, un consommateur sait que son acte d’achat n’est plus neutre. Acheter devient un « choix », celui de ne pas consommer n’importe où, n’importe quoi, chez n’importe qui. Certes, le consommateur doit penser éventuellement à modifier son trajet, modifier ses habitudes, ne pas se contenter de faire au plus vite, au plus simple. Mais la liberté de mieux consommer a d’autant plus de goût qu’elle est assumée, choisie, construite.

D’autant que pour une telle réorientation de la consommation, un simple annuaire « éthique » des prestataires engagés pourrait suffire. Mais cette réorientation de l’achat ne concerne que l’usage de la MLC elle-même, c’est-à-dire, concrètement, l’usage des coupons émis par l’association. Pourquoi ne pas aussi en profiter pour déposer les euros convertis en MLC sur des comptes de banques éthiques qui s'en serviront pour financer des projets (micro-crédits, micro-projets, ...) et donner la satisfaction au consommateur qui va ainsi permettre dans son geste d'achat en MLC, sans même s'en rendre compte, d'avoir une action éthique.

Pour les membres de l'association

Plutôt que de s’installer dans le « contre », le militant, très souvent un consomm'acteur, préfèrent tenter le « pour ». La construction et l’expérimentation plutôt que la protestation stérile. Et ce « pour », ils pensent qu’il dépend d’abord de leur propre initiative, de leur propre innovation en oeuvrant pour cette MLC.

Le but est de reprendre la maîtrise citoyenne de l’usage de la monnaie. La monnaie courante, c’est à la fois très simple dans son utilisation et très compliqué dès que l’on essaie de s’expliquer d’où vient l’argent, qui le crée, d’où vient le crédit, à quoi sert une banque. Se lancer dans l’aventure d’un projet de MLC, c’est finalement pour le citoyen le meilleur moyen de trouver les réponses.

Il s'agit ni plus ni moins que de créer de la monnaie. Et là de découvrir toute la dimension « magique » de la création monétaire car une MLC double, « comme par miracle » la masse monétaire en circulation. C’est l’occasion de découvrir qu’une simple association citoyenne peut se réapproprier cet usage, aujourd’hui confisqué par les établissements bancaires, obsédés non plus de rendre service à leurs usagers mais d’enrichir leur actionnaires.

 

Librement inspiré par Michel Lepesant